Simplicité volontaire, cette valeur délicate qui nous relie.

La Smala, la tribu en mouvement qui crée des écovillages c’est bien joli comme slogan, mais vous êtes nombreux à nous demander qui nous sommes concrètement, et ce qui nous relie ? Et vous avez raison. Essayons ici d’aller plus en profondeur avec cette petite histoire.

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Octobre 2017. Nous sommes en réunion des cohabitants de Cheiry. C’est encore l’été indien, on est une quinzaine à table avec plein d’enfants et de bons miams apportés par chacun, puis on s’astreint à l’indispensable point formel du mois avec PV participatif (arrivées, départs, vacances, travaux en cours, améliorations, suivi des fournisseurs, achats mutualisés, fête de fin d’année…). Une vraie petite entreprise socioculturelle de vivre ensemble. Et comme cette routine est maintenant bien rodée, on termine assez tôt, pour s’offrir un moment final hors du temps pour refaire le monde, s’écouter, s’entendre. À la table, des personnalités assez fortes, certaines passionnées, d’autres plus modérées, toutes avec des valeurs et centres d’intérêts somme toute assez différents : une maman bénévole dans une association de récupération des invendus au service des plus démunis avec son compagnon éducateur spécialisé et membre du parti socialiste, un pasteur-webmaster et son épouse qui animent une communauté locale d’entraide de 50 personnes, un artiste musicien classique sur clavecin et photographe avec sa compagne aide-soignante et hôtelière, un invité suédois sérial entrepreneur de passage à la Smala pour mieux imaginer sa transition socio-professionnelle (voir ici les offres de stages et bénévolats), un délégué du comité Smala pour l’animation des Ecopol, et les 7 enfants de la maison (toutes des filles !) qui gambadent tout autour et devraient vraiment aller se coucher maintenant ça suffit allez allez dodo câlin chouchou zouuuu… Oui c’est vrai, présenter des cohabitants en focalisant sur leur-s métiers ne les qualifient de loin pas suffisamment, mais cela donne une idée des histoires quotidiennes très diverses que nous vivons.

Idem à l’écovillage de Grandvaux trois jours plus tard, réunion de personnes aux parcours très variés : une biologiste formée en permaculture et son mari président de la Fédération des médecins de famille qui ont vécu en Afrique ; un couple de jeunes retraités bien actifs animant des services d’appui à l’équilibre dans les couples et lui, pasteur, ayant dirigé un centre culturel important de notre région ; une femme végétarienne ayant dirigé l’entreprise familiale leader romand de la vente de tronçonneuses (ça ne s’invente pas, on t’aime Christiane !) et responsable des poules et des nettoyages de notre écovillage ; un jeune homme de bientôt 18 ans qui est venu en Suisse fuyant la Somalie tout seul par le Sahara et la Lybie (mineur non accompagné) pour éviter à 14 ans d’être forcé de prendre les armes dans son pays ; un chauffeur de taxi en voiture électrique ; une chanteuse d’opéra ayant beaucoup de succès dans sa carrière et souvent en vadrouille de part le monde ; une stagiaire en marketing éthique et un artiste entrepreneur social que vous reconnaitrez peut-être 😉

Et dans ces deux groupes, la même réflexion : qu’est-ce qui nous relie ? On se le demande nous-même. On remue nos méninges pour réussir à nommer ce qui nous unit, ce qui nous connecte… Le style cool ? Pas suffisant ! Et puis dire à nos deux pasteurs qu’ils sont cools, c’est sympa, mais ce n’est clairement pas leur tasse de thé, you see what I mean my Brother (LOL). L’équité hommes-femmes, la justice sociale, l’économie solidaire ? Bien sûr, mais ce sont des notions trop généralistes, qui ne justifient pas notre choix de partager des cuisines, des ateliers, des abonnements à des revues. Acheter intelligent, c’est un prérequis évident mais qui ne fait pas de la Smala une vraie équipe innovante dans la manière de vivre ensemble. La religion chrétienne ? Même pas ! Certains à la table sont agnostiques, d’autres chamaniques, bouddhistes, taoïstes, et plus largement la religion est du domaine privé dans les Ecopol de la Smala, on ne favorise pas l’adhésion à une croyance commune, mis à part une bonne dose d’humour, l’état spirituel et créatif naturel qui vibre en nous ! L’écologie direz-vous, les verts, les petites graines ? Là encore, c’est un peu léger, car nous sommes tous écolos de manière très très différente d’une personne à l’autre : certains sont véganes et roulent toute la journée dans leur teuf teuf, d’autres sans voiture mais carnivores, d’autres 100% logiciels libres mais fument, d’autres humanistes profonds mais bien dépendant aux produits Apple et Microsoft, certains verts libéraux d’autres communistes, bref, on y est pas encore.

Mais voilà-t-y pas qu’en fin de soirée, le vin biodynamique aidant (on assume !), nous vivons quelques moments de grâce, de reconnaissance mutuelle, autour d’une valeur commune : la simplicité volontaire. Nous réalisons que ce qui nous permet de nous comprendre malgré les différences, de nous apprécier malgré les rythmes de vies pas si similaires que ça, de nous réconcilier après des malentendus qui nous ont froissés, c’est que fondamentalement nous sommes heureux de ce que la vie nous donne, nous jubilons dans l’effort de vivre. En reconnaissant ce lien, nous réussissons à nous contenter de peu, à aimer les petits plaisirs, à nous faire bien plus confiance que la moyenne des voisins, nous restons enthousiastes et sensibles malgré les inévitables déceptions dans nos relations, du genre : qui a pris les biscuits que j’avais laissé dans le salon pour mon garçon ? Vous avez encore claqué la porte en partant à 6 heures du matin, quand même… Merci de penser à vider les déchets dans la buanderie, c’est la 3e fois que le fait à la place des autres… Dans des maisons classiques, ce genre de déception engendrerait un renfermement. Pas à la Smala, parce que nous tentons de cultiver les relations, par de bons repas simples, par des petites attentions, de l’écoute, de la réconciliation, de l’entraide fréquente. En se retrouvant ainsi autour de l’esprit de la sobriété heureuse et dans la joie de vivre, nous cultivons les belles relations, nous ne cumulons pas les biens matériels, et nous acceptons de nous remettre en question, avec bienveillance.

A l’ère de la surconsommation, de la croissance économique monoculturelle, nous assumons que, face aux défis planétaires, nous restons des paradoxes vivants qui en faisons peu et en parlons beaucoup, mais tout de même nous sommes fidèles à l’objectif statutaire de l’association Smala : marcher ensemble, chacun à sa manière, sur le même chemin de la simplicité volontaire. Merci la vie, et merci de nous avoir lu jusqu’au bout ! A bientôt 🙂

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La transition écologique sera immobilière ou ne sera pas.

La  transition écologique est en cours, c’est certain. La destruction de la planète aussi. A la Smala, après de nombreuses luttes contre les injustices de ce monde, nous avons changé progressivement de stratégie sur 2004-2014; nous avons choisi de nous concentrer sur des solutions concrètes et intégrées et contribuer ainsi à une nouvelle justice sociale. L’immobilier est souvent perçu comme un symbole des déviances ultralibérales, des profits éhontés, de la réflexion sur le droit au logement, sur la réappropriation de terres tant pour l’habitation (logements dits ”sociaux”) que pour l’agriculture (réforme agraire). Mais si l’immobilier est pratiqué éthiquement, sans spéculation, avec des matériaux naturels et des règles de cohabitats favorisant le partage au quotidien, c’est toute la société qu’on peut ainsi faire évoluer positivement.

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Or, l’immobilier éthique existe bel et bien. Nous le voyons reposer sur trois piliers : le premier c’est la coopérative d’utilité publique, avec en Suisse un encadrement très positif de l’Office Fédéral du Logement. Le second, c’est l’efficacité énergétique, avec les labels de qualité qui demandent à être renforcés par l’usage de matériaux naturels (et pas que de l’efficacité en béton, ce que nous évitons le plus possible). Et le troisième pilier, c’est l’intention de partage, tel que décrit par le Global Ecovillage Network (GEN), dont Smala est la seule membre romande à ce jour. Ce prérequis d’intention est souvent sous-estimé ou simplement ignoré dans les projets immobiliers en coopérative, dans les rénovations douces menées par des entrepreneurs humanistes mais sans expérience de la gouvernance d’écohabitats participatifs.

C’est pour cela que, pour donner un cadre stimulant et universel à cette intention, nous y avons rajouté un règlement de cohabitation qui est simple, réaliste et vérifiable. C’est notre contrat social Ecopol, qui permet de créer des environnements agréables pour vivre ensemble, s’entraider simplement, acheter intelligemment, recycler en profondeur, se réconcilier quand on souffre, célébrer et s’inspirer les uns les autres. L’idée de ne pas se limiter aux 2 premiers piliers a commencé à germer en Romandie et ailleurs, mais le temps presse, il est urgent de ralentir, et donc de développer l’intention de cohabiter. 
A force de tenir des stands, de donner des conférences gratuites, d’ouvrir nos maisons à des repas conviviaux, la Smala et ses services Ecopol commencent à faire écho dans le coeur des gens qui étaient au début un peu hésitants face à l’idée Smala-Ecopol = bien sympa mais communauté = perte d’intimité = problèmes. Maintenant, plus de gens connaissent, moins de gens ont peur, le message est clairement passé : les architectes, économistes, artisans et administrateurs humanistes du réseau de la Smala sont des experts en immobilier durable, éthique, non spéculatif, au-delà des ghettos écolos (EMS écolo, centre d’étudiants écolo…).

Les services Ecopol commencent à devenir une référence pour la qualité de vie en Romandie. Et comme de plus en plus de propriétaires de terrains souhaitent sortir du marché immobilier spéculatif, ils viennent nous voir, et nous pouvons ainsi soutenir la création d’éco-habitats indépendants de la Smala et/ou co-animés par nos membres entrepreneurs sociaux. La Smala devient ainsi une petite fédération d’écolieux en Romandie. Dans nos rencontres premier contact (qui ont lieu chaque deux semaines), nous accueillons des personnes intéressées par nos services d’étude de faisabilité, de construction et de régie humaniste. Nous sommes passés de 1 requête par mois à 2-3 par semaines. Tous les projets qui nous sont présentés ne sont pas viables. Par exemple, une rénovation de petite ferme avec 10 pièces serait trop petit pour un vrai écohabitat participatif. Un terrain constructible au prix fort à Montreux ne permettrait pas nécessairement de loyers abordables. Un hôtel abandonné à rénover dans la Vallée de Joux n’aurait pas facilement des locataires (quoique !). Avec les services Ecopol, nous aidons souvent les propriétaires à reformuler leur projet, à identifier les conditions de succès, à se préparer pour les contact avec les banques alternatives et coopératives, etc. Contactez-nous !

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Micro-organismes : conférence d’une amie de la Smala jeudi 26 octobre 2017, Yverdon (VD)

Connaissez-vous les EM, alias microorganismes efficaces? Présentés comme une alternative aux produits chimiques, les EM régénèrent les sols et stimulent la croissance des plantes. Ces micro-organismes sont aussi un remède efficace contre la pourriture, les mauvaises odeurs, les mouches et les parasites. Emmanuelle Bigot, conseillère en environnement et gérante de BIOCAPI Sàrl à Yvonand, vous dévoilera tous leurs usages le 26 octobre prochain, à la Maison des Associations d’Yverdon, quai de la Tielle 3, dès 20h00.

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STAGES ET FORMATION : nouvelles opportunités.

Nous offrons de plus en plus de stages pour jeunes et formations à la résilience pour porteurs de projets d’écohabitats. Pour mieux sentir l’ambiance, nous avons réalisé un film de 5 minutes, à voir ici.

Trois options : stages de 6 à 12 mois , immersion 36h et formation sur mesure pour groupe constitués (pour les groupes, simplement répondre à cet email, y’a même eu 3 groupes de chinois qui nous ont mandaté pour créer des Ecopol en Chine, c’est pas une blague, voir ici notre page Facebook)

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Atelier découverte mosaïque 24-25 juin 2017

Samedi et dimanche 24-25 juin, un week-end pour apprendre les ficelles de la création de mosaïques, avec Catherine Favre.Prix pour les deux jours : CHF 50.-/personne, repas de midi inclus.Au programme : formation autour de toutes les étapes de réalisation de mosaïques et céramiques créatives sur divers plans (escaliers, tables, sols, murs), à l’intérieur comme à l’extérieur. Tous les niveaux sont les bienvenus !Lieu : Maison Smala, rue de la Gare 5, 1091 Grandvaux, juste derrière la gare. Plan d’accès ici.Horaires : Jour 1, sam 24 juin : 10h30-17h30 Jour 2, dim 25 juin : 11h30-18h30Inscriptions ici.

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Rencontre avec Antanas Mockus, un superhéros à la Smala !

Repas-conférence pour rencontrer, discuter, s’inspirer, collaborer avec le supercitoyen Antanas Mockus, le samedi 10 juin 2017 au CPO, Beau-Rivage 2, 1006 Lausanne.

17h-18h : ouverture des portes, apéritif avec Antanas Mockus
18h-19h : projection de film sur l’écologie en Amérique Latine
19h-20h30 : conférence d’Antanas Mockus, en français
20h30-23h30 : repas, avec spectacle surprise latino

Billetterie ici

Liste des prix (hors frais de billetterie) :
Prix pour groupes jusqu’à 6 personnes : CHF 150.- Prix pour 2 adultes et 1-3 personnes de moins de 25 ans : CHF 100.- Prix par personne : CHF 50.-
14-25 ans: CHF 30.-
Gratuit pour les moins de 14 ans

Alternativement, vous pouvez vous inscrire par versement direct sur le compte de notre association et en écrivant à mockus@lasmala.org vos coordonnées+nombre de billets commandés.

Infos bancaires :
Association Smala
1000 Lausanne
IBAN : CH92 0900 0000 1742 5685 6
CCP : 17-425685-6

Bénévoles bienvenus pour une à deux journées, le vendredi 9 juin dès midi et le samedi 10 juin de 11h à 23h. Inscription des bénévoles ici.

Mais qui est donc Antanas Mockus ?

Mockus vient passer une semaine à la Smala. Vraiment. C’est pas une blague. Il est pour nous un superhéros, une source d’inspiration majeure. Triple champion du monde dans la catégorie poids lourds des visionnaires humanistes, Antanas rejoint pour nous le cercle exceptionnel des accoucheurs-réconciliateurs d’une mondialisation heureuse. Vous avez aimé Pierre Rabhi sur la décroissance ? Elizabeth Kubler-Ross sur l’acceptation de la mort (seule suissesse parmi les 100 personnalités qui ont le plus changé le 20e siècle selon le Times) ? Paolo Freire sur la théologie de la libération (brésilien exilé à Genève) ? Rudolf Steiner sur anthroposophie à Bâle ? Albert Jacquard (un des parrains de la Smala) sur l’assignation à résidence sur terre ? Vous allez a-do-rer Mockus.

Quelle histoire !!!

Antanas, figure historique ? Jugez plutôt. Dès ses débuts dans le monde académique, Mockus s’engage dans ce qu’il nomme une insurrection éducative. Il co-fonde par exemple une communauté où il cohabite avec des étudiants et enseignants, issus d’une université publique dont il devient lui-même recteur. Un recteur qui habite avec ses étudiants, vous en connaissez beaucoup ? Il se crée une réputation d’extravagant en 1993, face à des étudiants turbulents, en baissant son pantalon et montrant ses fesses à la classe. Pour expliquer ce geste, ce rigolo fort médiatique n’hésite pas à citer Pierre Bourdieu et son concept de  »violence symbolique ».

Et s’il n’y avait que cela…

En 1994, Antanas se lance en politique. Misant sur son honnêteté, il est candidat à la mairie de Bogota, ville de 7 millions d’habitants, alors considérée comme l’une des plus violentes au monde. Une ville de corruption et de clientélisme, de pauvreté et de délinquance urbaine, de vols et de viols, enfer d’agressions mortelles. Sans budget ni campagne, grâce au bouche à oreille, il se fait connaître par des actes symboliques, vêtu d’un costume de Mockus Superman, avec un gros porte-couille, voyez plutôt :

Et le voilà élu en 1995. Obligé de porter un gilet pare-balle, il le troue à l’endroit du coeur. En moins de 3 ans, il change la ville. Il utilise intelligemment le pouvoir qui lui est confié, et réussit à faire baisser significativement la délinquance et la violence (23 homicides pour 100 000 habitants en 2003, contre 80 en 1993), à imposer des journées sans voitures, à réduire les chauffards en identifiant que leur peur principale était d’être ridiculisés (il paie des mimes pour les gêner en public LOL). Il réussit surtout à augmenter les transports publics, à implanter un important réseau de bibliothèques publiques, à amener les étudiants à faire leur thèse en pratiquant leur futur métier dans les quartiers pauvres. Il organise le concours de la rue la plus jolie, et Bogota devient une des villes les plus agréables à vivre d’Amérique latine.
C’est tout cela, concrètement, qui nous inspire.

Et c’est pas fini…

Pour stimuler la réflexion citoyenne, il continue à faire le clown. Il s’adresse aux journalistes coiffé d’un chapeau en forme de fromage. Il se marie à dos d’éléphant dans un cirque. Le voilà tour à tour qualifié de candidat clown, émigré lituanien, atypique excentrique, mathématicien multilingue, administrateur organisé, Professeur Prophète, tsunami vert, visionnaire précurseur, supercitoyen.
En 2012, candidat aux présidentielles pour le parti vert de Colombie, les 3 autres candidats aux primaires, ses concurrents, ne tarissent pas d’éloges envers lui. Il se présente en déclarant « j’ai un parkinson précoce, il me reste 12 ans que je peux mettre au service de la république ». Et il arrive au 2e tour, contraignant les libéraux et conservateurs à s’unir pour « faire front » contre cet écolo qui fut presque élu. Vous imaginez l’ambiance ?

Voir quelques articles de presse parus sur lui dans Courrier International (FR) / The Guardian (EN) / Sundance Festival (film EN/DE) / Harvard Gazette (EN) / Newsweek (EN) / Publimetro (ES) / Le Petit Journal (FR) / Le Monde (FR) / Persee (FR)

L’humilité et la résilience de Mockus

Depuis lors, la maladie d’Antanas l’a réduit un peu, mais seulement un peu. Sa voix s’arrête parfois quelques secondes, mais son écoute reste intacte, et son esprit est toujours aussi vif, engagé pour des causes nécessaires et chères à son pays. Et c’est en jogging qu’il nous a reçu par écran interposé dans sa maison de Bogota. Nous avons réalisé un long entretien préparatoire pour son voyage en Suisse à la Smala. Il va aussi donner une conférence en anglais à TEDxGeneva le 12 juin. Il vient pour témoigner, transmettre son héritage politique et citoyen, et nous inspirer. Précisons aussi qu’il n’est clairement pas en campagne politique, juste dans une dynamique d’engagement citoyen.

Son ego est resté modeste, malgré les superlatifs employés ici pour marquer le coup et célébrer la bonne nouvelle de sa visite.
Il est tellement modeste qu’il a accepté de venir nous voir passer du temps, apprendre à se connaître, pour mieux s’inspirer et coopérer. Oui. En plus il est francophone.

Alors on a besoin de votre aide. Juste un peu SVP. SVP, soutenez l’organisation de son voyage. Nous organisons un repas-conférences de soutien, un moment simple, samedi 10 juin (à Lausanne) de 17h à 23h30, avec vous !
Billetterie ici.

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Immersion de 36 heures

Vous souhaitez vivre une expérience hors du commun au sein de nos écovillages afin de développer des compétences humanistes, apporter votre créativité à nos projets, ou tout simplement découvrir l’univers Smala?

Nous offrons maintenant l’option immersion 36h : vous pouvez venir dormir sur place, partager 36 heures de repas, d’entraide, pour voir nos réalités, concrètement.
Si vous avez déjà participé à une soirée CoCo, vous pouvez faire votre immersion indépendamment de la soirée.

L’immersion coûte 100CHF par personne, à payer sur place le premier jour avant 10h du matin.

Le principe, c’est que vous vous proposez de faire quelque chose que vous savez bien faire et qui nous décharge concrètement de nos tâches courantes, mais cela peut aussi être 8h de massage ou autre soins pour les collaborateurs du bureau, du babysitting, de la menuiserie ou un concert en fin de soirée…

Nous vous rendons 50CHF à la fin des 36 heures si vous nous avez effectivement déchargé en nous rendons un service de votre choix ou que nous vous proposerons avant votre arrivée. Vous pouvez aussi trouver des exemples d’initiatives volontaires possibles décrites dans le livre Ecopol et ici.

Afin de planifier votre immersion, nous vous invitons à remplir ce formulaire.

Après l’avoir rempli, vous recevrez un e-mail de confirmation de votre inscription où vous trouverez toutes les informations nécessaires pour vous préparez au mieux à votre séjour.

Ce que nous pourrons voir, c’est votre et notre capacité à formaliser un accord et le tenir, tout en ayant la flexibilité pour s’adapter à des éléments nouveaux. C’est aussi ça, la vie en communauté.

Bienvenue à la Smala !!

Et bien évidemment, nous sommes à disposition pour toute question. Écrivez-nous à info@lasmala.org

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Que partageons-nous avec nos voisins ?

Que partageons-nous avec nos voisins ?

[tiré de la newsletter Smala de mai 2017]

Concrètement, que connaissons-nous de nos voisins ? Que partageons-nous avec eux ?
Comment passer du voisinage subi au voisinage choisi ? La Smala répond : ben… en créant des Ecopol, pardi ! Un Ecopol, c’est avant tout un contrat social, à découvrir ici.

Dans les Ecopol de la Smala (petits écovillages au sens “lieux de partage entre familles, séniors et créatifs”) nous partageons notamment une buanderie, un jardin potager, des gardes d’enfants, des repas, des transports, un budget pour des fêtes (thé de Noël, fête des voisins…), un budget pour du matériel de jardin. À Cheiry, 45e maison gérée par la Smala (et première maison durable, les autres c’était temporaire pour 1 à 15 ans), et bien ça fait déjà 9 mois que les liens se tissent au quotidien, et ça marche !

Ce partage, simplement un peu au-dessus de la moyenne, c’est cela qui fait des maisons Ecopol des « écovillages » : l’intention d’aller-delà du voisinage subi, la création progressive d’une communauté intentionnelle, avec toujours la liberté de vivre à son rythme, de conserver son petit chez-soi privé, et de garder ses petites habitudes spéciales (y compris les pratiques les plus incongrues!) comme autant de trésors qui font notre diversité.

Et parfois, comme à Cheiry, une dynamique magique de services solidaires peut s’installer dans un voisinage : les parents préparent des repas ensemble pendant que les enfants jouent, on s’entraide pour baisser les coûts de conciergerie et faire des petits aménagements ou réparation soi-même pour le bien de tous, on fête les anniversaires entre cohabitants, on organise des tournus pour aller à la déchetterie et s’épargner temps et argent, on recycle et s’informe sur les astuces pour mieux économiser les ressources, on partage des vélos, on se fait des surprises souvent, et on se réunit formellement une fois par mois pour coordonner nos efforts. C’est magique.

Et qui dit magie, dit magiciens, entraînement, pratique, répétitions, apprentissage par l’erreur, courage, endurance… et le maître-mot – résilience. Mais sans illusions. Car c’est de réalités concrètes que l’on parle ici : accepter les différences (de rythme, de culture) et rester à l’écoute; communiquer positivement. Parfois se remettre (un en question). Toujours rester orienté résultat. Accepter qu’il y a des choses qu’on perd, et d’autre qu’on récupère, et que c’est ça, la vie communautaire. En cas de souci, tenter de communiquer positivement (dire “mieux vaut faire comme çi ou comme ça”, plutôt que de dire “ne pas faire çi ou ça”), et surtout communiquer ses ressentis (communication non-violente alias CNV) plutôt que ses jugements (condamnation). Enfin, dire ce qu’on fait, et faire ce qu’on dit. Voilà quelques-uns des principes de cohabitation dans les maisons au label Ecopol de la Smala. Et cela se décline sur tous les tons. Voici un bref extrait d’un échange concrets dans notre groupe de discussion via smartphone (que l’on ne verrait pas si facilement dans une maison au voisinage subi) :

Un-e co-habitant : merci à la personne qui a pris la peine de balayer le chemin

Un-e autre : je connais bien la personne…

Comme quoi, il en faut peu pour se rendre heureux les uns les autres
Alors RDV vendredi 19 mai dès 18h à Cheiry pour la fête des voisins.
Adresse Route de Granges 39, 1529 Cheiry. Parking devant.

Covoiturage possible, depuis la gare de Granges-Marnand ou Moudon, ou Lucens, ou Grandvaux, contact Mathieu +4179 4041804

C’est une fête gratuite, participative, conviviale, simple et festive. Avec une petite animation musicale, et l’occasion de voir concrètement comment nous passons de la construction de biens immobiliers à la construction de liens sociaux. C’est aussi l’occasion de voir émerger la « communauté » (un mot qui fait parfois peur, qui pour nous signifie avant toute « groupe qui partage des ressources et s’entraide »). L’occasion enfin de sentir les complicités établies, et aussi les difficultés du vivre ensemble.

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Créer un écovillage : 90% d’échecs ! Pourquoi ?

Créer un écovillage : 90% d’échecs ! Pourquoi ?

En moyenne, nous accueillons chaque mois dans nos rencontres Smala CoCo au moins deux ou trois personnes qui ont réuni des amis autour d’elles en vue de créer un écolieu humaniste, écologique, inspirant. Que leur objectif soit plutôt d’accueilir des cohabitants avec un profil diversifié (intergénérationnel, culturel, situations économiques diverses…) ou thématique (spécifiquement pour méditants, naturistes, végans, musiciens, séniors), malgré l’engouement initial que de tels projets suscitent dans l’entourage des porteurs du projet, les rêves ne se transforment que rarement en réalité.
En moyenne un seul projet sur dix émerge et dure, selon plusieurs publications. Alors pourquoi donc cela ne fonctionne pas si facilement ? Et comment améliorer les probabilités de succès ? Le livre Vivre autrement de Diane Leafe, publié en anglais, traduit et largement diffusé, raconte des cas concrets, sur plusieurs centaines de pages, sans pour autant proposer une synthèse. Le livre Ecopol présente un tour d’horizon pratique, sous 3 angles : une comparaison des divers écolieux dans le monde, une liste des mouvements de l’éco-conscience les plus prometteurs aujourd’hui, et le contrat social Ecopol qui essaie de tirer le meilleur de toutes ces inspirations.

Et en mars 2017, nous avons découvert un récent article de synthèse exceptionnel sur les communautés, rédigé par Alexa Clay. Alexa regarde le monde différemment, elle nous épate. Par exemple, elle a étudié l’art du commerce équitable dans les communautés… de criminels. Elle montre qu’au-delà des seules pratiques illégales et honteuses, on peut aussi apprendre sur l’art du commerce équitable et des dynamiques communautaires en s’inspirant de quelques pratiques de gangsters.
Son article sur les communautés est le meilleur sur le sujet à notre sens. Il est présenté sur la page FB de la Smala ici. Pour son analyse, Alexa prend un angle différent, surprenant. En bref, elle défend l’idée que les communautés, comme les start-ups et les multinationales, ne réussissent à durer qu’une fois sur dix par… nature ! Nature au sens « c’est ainsi que les organisations émergent, se développent, se stabilisent et disparaissent ».

L’article d’Alexa Clay nous a inspiré. Elle y analyse la majorité des grands écolieux du monde, Auroville, Damanhur, Findhorn, Tamera, et même Piracanga au Brésil, où une bonne partie de la Smala a séjourné aux début de cet écolieu hors du commun. Son article parle aussi des communautés du 19e siècle, des défis communicationnels, et liste les problèmes concrets qui tuent aujourd’hui encore des communautés bien vivantes : manques de capitaux, conflits internes, guerre de clans, mauvaise réputation, manque de compétences, faible capacité à attirer des gens talentueux et à garantir une forte mixité sociale… Ce long article, fruit d’une patiente enquête d’investigation, nous a aussi permis de réduire la gêne de ne pas avoir toujours réussi à créer des communautés durables par le passé. Il nous a mis en confiance pour aller de l’avant avec la fierté de se dire que oui, nous l’équipe de la Smala avons déjà sacrément bien réussi en animant plus de 40 éco-communautés temporaires depuis 1990 dans notre région.

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