Créer un écovillage : 90% d’échecs ! Pourquoi ?

Créer un écovillage : 90% d’échecs ! Pourquoi ?

En moyenne, nous accueillons chaque mois dans nos rencontres Smala CoCo au moins deux ou trois personnes qui ont réuni des amis autour d’elles en vue de créer un écolieu humaniste, écologique, inspirant. Que leur objectif soit plutôt d’accueilir des cohabitants avec un profil diversifié (intergénérationnel, culturel, situations économiques diverses…) ou thématique (spécifiquement pour méditants, naturistes, végans, musiciens, séniors), malgré l’engouement initial que de tels projets suscitent dans l’entourage des porteurs du projet, les rêves ne se transforment que rarement en réalité.
En moyenne un seul projet sur dix émerge et dure, selon plusieurs publications. Alors pourquoi donc cela ne fonctionne pas si facilement ? Et comment améliorer les probabilités de succès ? Le livre Vivre autrement de Diane Leafe, publié en anglais, traduit et largement diffusé, raconte des cas concrets, sur plusieurs centaines de pages, sans pour autant proposer une synthèse. Le livre Ecopol présente un tour d’horizon pratique, sous 3 angles : une comparaison des divers écolieux dans le monde, une liste des mouvements de l’éco-conscience les plus prometteurs aujourd’hui, et le contrat social Ecopol qui essaie de tirer le meilleur de toutes ces inspirations.

Et en mars 2017, nous avons découvert un récent article de synthèse exceptionnel sur les communautés, rédigé par Alexa Clay. Alexa regarde le monde différemment, elle nous épate. Par exemple, elle a étudié l’art du commerce équitable dans les communautés… de criminels. Elle montre qu’au-delà des seules pratiques illégales et honteuses, on peut aussi apprendre sur l’art du commerce équitable et des dynamiques communautaires en s’inspirant de quelques pratiques de gangsters.
Son article sur les communautés est le meilleur sur le sujet à notre sens. Il est présenté sur la page FB de la Smala ici. Pour son analyse, Alexa prend un angle différent, surprenant. En bref, elle défend l’idée que les communautés, comme les start-ups et les multinationales, ne réussissent à durer qu’une fois sur dix par… nature ! Nature au sens « c’est ainsi que les organisations émergent, se développent, se stabilisent et disparaissent ».

L’article d’Alexa Clay nous a inspiré. Elle y analyse la majorité des grands écolieux du monde, Auroville, Damanhur, Findhorn, Tamera, et même Piracanga au Brésil, où une bonne partie de la Smala a séjourné aux début de cet écolieu hors du commun. Son article parle aussi des communautés du 19e siècle, des défis communicationnels, et liste les problèmes concrets qui en tuent aujourd’hui encore des communautés bien vivantes : manques de capitaux, conflits internes, guerre de clans, mauvaise réputation, maque de compétences, faible capacité à attirer des gens talentueux et à garantir une forte mixité sociale… Ce long article, fruit d’une patiente enquête d’investigation, nous a aussi permis de réduire la gêne de ne pas avoir toujours réussi à créer des communautés durables par le passé. Il nous a mis en confiance pour aller de l’avant avec la fierté de se dire que oui, nous l’équipe de la Smala avons déjà sacrément bien réussi en animant plus de 40 éco-communautés temporaires depuis 1990 dans notre région.