Notre histoire

20 ans d'histoire

Les prémisses : l’émergence d’un état d’esprit.

Pour Smala, tout a commencé en 1984, lorsque Mariette Glauser lance le MAD avec des amis dans le quartier du Flon à Lausanne, devenu ensuite mondialement connu. C’était une friche industrielle progressivement reconvertie en ateliers d’artistes et d’artisans. A l’époque, Flon = alternatif, créatif, diversité, un espace de liberté et d’expériences : lofts, expos, concerts, mais aussi actions sociales et écologie avant l’heure. Mariette préside aux destinées du MAD sous sa forme non lucrative de l’époque (1984-1990), avant le virage 100% disco.

Théo Bondolfi y fait ses premières armes d’entrepreneur socioculturel dès 1987 avec des performances théâtrales, et y co-créé en 1990 l’Atelier 37, un grand loft d’artistes. Butinant dans cette première ruche créative, citons notamment Dynamike et Thierry Romanens, aujourd’hui musiciens-producteurs et animateurs de la radio romande, dont l’indépendance de ton et la multidisciplinarité sont restées profondes; Eric Mathyer et Solstice Denervaud, pionniers inspirants du centre de la Cité, du festival des voix sacrées, des premiers clowns d’hôpital en Romandie, personnalités toujours à l’avant-garde et dont Tir Groupé a toujours salué l’apport initial ; les photographes débutants Valdemar Verissimo et Mario , dont la carrière a depuis bien décollé, ou encore feu Jacques Zeller, gastro-physicien et figure anarchiste régionale.

Extraits de l’article « A Lausanne, renaissance culturelle d’un quartier d’entrepôts », par Denis Leumick, quotidien L’Impartial, avril 1992 :

« Si l’on était au Flon, c’était pour un rendez-vous. Théo Bondolfi, de l’agence “Tir Groupé” – qui conçoit, gère et réalise des créations artistiques et culturelles traitant de photographies et de mises en scène – organisait une visite des lieux pour la presse. L’occasion de faire le point “de visu” sur la vie toujours plus diversifiée du Flon, de découvrir les innombrables ressources qu’offrent à ce jour les entrepôts devenus “lofts” et leur histoire. »

« Situé au coeur de Lausanne, “Le Flon” est le lieu dans l’vent. Quartier d’entrepôts de fruits et légumes, de matériel, d’industries, jusque vers les années 1930, il n’avait plus pour destinée que l’enlisement. Aujourd’hui, c’est la fête. Dans le vigoureux rythme architectural du quartier, les entrepôts ont trouvé leurs plus belles solutions actuelles. Galeries d’art, artisans, ateliers de photographie, production ciné, librairie, centre de culture et de loisirs, écoles d’arts, de jazz, bistrot, s’y partagent l’espace. »

« L’occupation du quartier pour des activités à vocation culturelle est géniale. Ce qui se passe là correspond à un besoin. »

« L’artisanat trouve dans ce quartier les moyens de vivre. C’est le cas d’Yves Guala, relieur, qui a ouvert son atelier en début d’année avec un bail de cinq ans: “Pour les métiers comme le mien, qui n’ont pas de larges marges de bénéfice, les loyers abordables du Flon représentent une occasion trop rare…” “Mon espoir, dit un autre locataire, est que ce quartier devienne fort, il est très intéressant que ce lieu se développe…” “On peut imaginer qu’on aura notre mot à dire en temps et lieu” confie un troisième. Un point de vue partagé par d’autres qui pensent que les occupants du Flon ont un droit de décision sur leur avenir. D’une certaine manière, le quartier leur appartient, ils ont fait la nique, la guerre à la décrépitude, à l’abandon général qui avait porté le quartier vers la mort et qui ressuscite grâce à l’imagination, aux galeries, aux activités artisanales, à la musique, aux écoles. Peu à peu, le Flon représente un entité culturelle de valeur, tout en conservant une identité individuelle à chaque activité. »

« Compte tenu de la conjoncture actuelle, on voit difficilement les événements se précipiter. »

1993 : création officielle de l’association Tir Groupé.

Le MAD perd quelque peu son esprit transdisciplinaire, Mariette quitte la présidence. Théo trouve de nouveaux locaux, un immeuble du 13e siècle au coeur de la vieille ville de Lausanne, anciens locaux du désormais fameux centre socioculturel « pôle Sud ». Le 8 mai, réunis dans le grenier tout poussiéreux, une trentaine de pionniers valident la métamorphose de l’agence-fantôme Tir Groupé en association à but non lucratif. On ne ménage pas nos efforts pour lui donner corps, et le succès est immédiat.

Extraits de ce qu’en écrit Gilbert Salem, journaliste du quotidien 24Heures, en mars puis mai 1994 :

« Tout a été déjà dit. Tout a déjà été fait. La pureté ne réside plus dans l’unique mais dans le mélange, la redéfinition et l’actualisation de la pensée et de l’action. C’est le métissage.”

« Très imprégnée de cette nouvelle maxime philosophique – signée Théo Bondolfi – l’association Tir Groupé, qui regroupe à Lausanne une cinquantaine de jeunes artistes et intellectuels, occupe depuis un an les deux derniers étages d’une vénérable maison du centre-ville lausannois. »

« C’est un vaste espace dédaléen qui tient tout à la fois de la galerie d’art, du loft et du grenier de grand-maman. Ce Labyrinthe se répartit sur deux étages et 32 pièces reliées par des corridors tortueux qu’il a fallu déblayer, récurer, repeindre et réaménager. Un véritable nettoyage des écuries d’Augias auquel les nombreux membres (ou “membraves”) et sympathisants (ou “membrouilles”) de l’association se sont exténués en dépensant plus de 10 000 heures de travail bénévole.
De salle en salle, de chambrette en vestibule et d’étage en étage, la configuration des lieux se modifie au gré de l’errance du visiteur. Certains locaux des espaces, chics et nets, d’exposition de photos; des laboratoires, des bibliothèques. D’autres ressemblent à la chambre d’étudiant un brin (artistiquement) négligé, tiennent du loft new-yorkais ou encore des “couloirs hantés” de la maison de Frankenstein à Luna Park. Sous un magnifique toit en poutre datant de la Renaissance, l’espace Rencontre compose un amalgame de décors délicieusement dépareillés. C’est là que les visiteurs viennent se délasser, se rafraîchir le gosier et que des groupes de musiciens peuvent se produire. »

« L’objectif de Tir Groupé est également de ne jamais étouffer leurs convives par une surdose sonore (“ici on peut parler, converser, c’est ce qu’il y a de plus important”). Ni par une homogénéité artistique, ni par quelque autre forme d’absolu que ce soit. »

« Entre autres bonnes choses, Tir Groupé offre des “services de gestion et de diffusion de réalisations artistiques. Un point de chute pouvant servir d’intermédiaire culturel où chacun prend son projet en main en utilisant l’infrastructure de l’association (conseils, contacts, matériels, locaux)”. »

« La Galerie du Labyrinthe accueille, elle, des expositions thématiques mensuelles par des groupes thématiques autonomes, elle est ouverte à toutes formes d’art. Ainsi, elle a exposé des photographes romands et étrangers, elle a invité, en octobre 1993, les 180 membres de l’Association des peintres, sculpteurs et architectes suisses. A partir de lundi, elle présentera, dans le cadre des manifestations tibétaines de Lausanne, des photos de Cartier-Bresson et d’Ashvin Gatha. Enfin, hier soir et ce soir dès 21h, le Labyrinthe organise une “Expo en pyjama, avec possibilité de dormir sur place (apporter son ours en peluche et sa brosse à dents)”. »

« En un an, la très dynamique équipe lausannoise de Tir Groupé a créé 10 expositions collectives, invité plus de 400 artistes, organisé une trentaine de soirées à thème ainsi que cinq stages. Plus de 20’000 personnes ont visités le Labyrinthe, leur loft mystérieux et charmeur. »

« De plus en plus engoués par leur vocation philosophique et sociale, qui est de “faire entrer le métissage” dans les moeurs, les membres de Tir Groupé ont toujours de l’énergie et de l’intelligence à revendre. »

Dès 1994, on signe aussi un contrat de bail à la place du Château 3, ancienne école de Chimie, dans une grande salle qu’on rénove entièrement (merci à Patricia Pennachio!). Comme le contrat de bail est précaire, on est prêt à rebondir.

Tir Groupé s’enrichit progressivement de nouveaux partenaires importants et de nouvelles personnalités fortes, dont Céline Hornemann (médecine douce), Marie-Jane Berchten (arts & société), Joanna Raphael (anciennement Théâtre 11, chants et arts divers), Jérôme Knobl (administration et informatique), ainsi que nos amis indéfectibles du picnic de la Palud, une autre initiative humaniste originale.

Parmi les stars internationales, citons le photographe René Burri. Il y expose ses photos de Che Guevara et y dort avec son nouveau-né Léon, durant l’événement Dia Nights de 1994 organisé en partenariat avec le Musée de l’Elysée pour la photographie.

Déjà un rôle d’incubateur d’innovation sociétale.

Des espèces d’extraterrestres débarquent à Soleure. Ce sont des étudiants de la ville d’Aarhus, au Danemark. Ils sont venus d’une école inspirante, l’école des pilotes du Chaos. Leur direction pédagogique leur a donné la mission de réaliser un travail de diplôme hors du commun: organiser le premier concours de création d’entreprise en Suisse. C’est le projet Innovators. Tir Groupé s’y connecte. Notre service de connexions créatives, qui surfe sur la vague d’Internet avant l’heure, les interpelle, et ils nous confient la mission de stimuler la créativité en Romandie. A l’époque, le grand public ne connait pas encore les notions de web, de start-up, et encore moins d’entrepreneuriat social.

Voici ce qu’en dit le Nouveau Quotidien, le 31 mai 1994 :

« Au lendemain du 20 février, date à laquelle la promotion économique soleuroise remettait ses prix aux lauréats du concours national Innovations récompensant les meilleurs projets de création d’entreprise en période de crise, 50 candidats romands se sont retrouvés sur le carreau (LNQ du 21 février). »

« Réunie hier à Lausanne en présence de la syndique Yvette Yaggi, marraine parmi d’autres parrains du concours Innovations, l’association lausannoise Tir Groupé, créée il y a un an, s’accorde un mois pour mettre sur pied un comité de coordination chargé de donner une suite concrète à ces projets non retenus. Il lui reste encore d’ici là à les classer selon leur champ d’appellation : social, invention, culture, environnement. »

« L’engouement né du concours soleurois pour ce genre d’aide à la création d’entreprise a été tel qu’un réseau regroupant dix associations régionales (dont Tir Groupé et une autre à Genève pour la Suisse Romande) est en train de se constituer. Son nom : I-Plus. Pour donner leur chance à tous ces projets non primés à Soleure, à ceux qui viendront aussi. »

1995 : Andrea Iseli, collaboratrice du Conseil suisse des activités de jeunesse, vient nous voir. Elle gère un fond fédéral pour appuyer la reconstruction des pays de l’Est. Notre démarche innovante l’intéresse, elle nous encourage à développer un axe de travail visant à transmettre notre art de vivre et d’animer ces ruches créatives dans les pays de l’Est. C’est chose faite, nous décrochons 3 mandats fédéraux, 3 années de suisse, et partons en Slovénie, République Tchèque, Hongrie et Bulgarie. Nicolas Henchoz, un des piliers de Tir Groupé, est de la partie. Il deviendra ensuite présentateur du téléjournal puis membre de la direction de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, et ne cessera d’appuyer la démarche. Claude Béglé, homme du monde qui avait fait une entrée remarquée dans l’aventure pendant la soirée cocktail putz en débarquant de nulle part pour nous aider à nettoyer le grenier tout un samedi soir, est à l’époque grand boss de multinationale en Pologne. Il nous aide par téléphone à bien naviguer dans les réalités de cette Europe de l’Est qui se cherche une nouvelle identité. Nous obtenons de bons résultats : une ruche style Tir Groupé ouvre à.. Sofia, par Boris Missirkov et Gueorgui Bogdanov ! Attila Pocze démarre la galerie photo Vintage à Budapest, et en 2013 vous pouvez toujours la visiter en venant de la part de Tir Groupé. Merci à la Confédération helvétique de nous avoir fait confiance !

Le modèle économique.

Dès le début, notre modèle économique était basé sur le principe suivant : vu la conjonction de notre créativité et de notre gestion rigoureuse, nous réussissions à louer des chambres et ateliers-bureaux dans ces ruches Smala en-dessous des prix du marché immobilier, tout en réussissant à générer un petit excédent de produit servant à financer modestement quelques activités socioculturelles innovantes. Plutôt que de mettre la différence, les « bénéfices », dans notre poche, nous avons toujours réinvesti dans l’aide aux projets créatifs, pionniers, et le comité a toujours stimulé les membres à montrer des projets avec ces fonds de solidarité.
Rétrospectivement, il est clair qu’avec toutes ces années de gestion locative globalement excellente, avec tous ces bénéfices réinvestis. Nos valeurs étaient suffisamment fortes.

Pourtant, chaque année depuis 1994, nous sollicitions les institutions publiques de notre région pour qu’elles « reconnaissent l’utilité de nos services et mettent dans le budget une ligne pour financer notre fonctionnement », comme elles le font pour des organisations qui ont fait leurs preuves dans le domaine social, culturel ou socioculturel.

Car même si nos services étaient utiles, nous avons constamment été obligés de dire aux porteurs de projets « notre aide est à bien plaire », « nous ne pouvons pas nous engager beaucoup », « nous développons ces activités en parallèle à nos propres générations de revenus », « nous sommes experts bénévoles dont avec temps limité, à vous de saisir ». Seuls les meilleurs, avec déjà de fortes prédispositions à leur propre succès, ont donc réussi.

Même si ces services étaient d’utilité publique, les administrations publiques avaient un mal fou à trouver une « case » dans leurs budgets pour réellement couvrir le travail d’administration générale de cette structure et décharger ainsi les bénévoles. Les budgets pour l’innovation étant relativement concentrés sur l’appui aux start-up technologiques ou sur le monde académique régional (qui s’est souvent inspiré de nos projets mais n’a pas vocation d’aider les associations hors de ses murs et donc nous utilise plutôt que nous appuie, malgré de notables exceptions).

Pour le culturel, les fonds s’attribuaient uniquement si on ne les mélangeait pas avec l’appui social, et vice-versa. Pour le socioculturel, tout passe par une fondation qui ne rentre pas en matière pour financer des centres incluant du co-habitat. Pour les aides au logement, les critères de soutien imposent de ne pas inclure d’ateliers ni bureaux d’associations. Et impossible de réunir les directions de tous ces services ensemble. Sauf une fois. Le 22 mai 1996.

1996. Le Premier d’une longue série de gros déménagements.

Le 22 mai, c’est l’inauguration du Chapitô. Après le Labyrinthe, nous venons de rebondir à la place du Château 3. C’est un mini-Flon à part entière, avec une centaine d’artisans et d’artistes dans deux gigantesques bâtiments, un lieu de créativité qui fera date à Lausanne. Tir Groupé n’en occupe qu’une petite partie, mais c’est déjà immense.

Pour stimuler un engagement de financement des diverses administrations publiques dont nous prolongeons l’action, nous avions annoncé que nous allions passer la main à des nouveaux arrivants, et qu’il était nécessaire d’assurer la « professionnalisation » du lieu pour qu’il perdure. Et ils sont venus : les représentants des exécutifs du canton de Vaud et de la commune de Lausanne sont assis à la même table, pour parler d’avenir. Ils s’engagent à financer une expérience pilote avec l’équivalent de postes à plein temps. Wow. Chapeau.

Le comité initial passe la main, en laissant un beau patrimoine : trois maisons avec des contrats longue durée, des subventions annuelles de la ville de Lausanne et du canton suffisantes pour l’équivalent de 2 postes à plein temps, une liberté de ton et des résultats solides. De plus, nous formons intra-muros un service d’aide à l’insertion de demandeurs d’emploi, qui a beaucoup de succès.

Mais le nouveau comité de Tir Groupé n’a pas suffisamment d’expérience, les erreurs se cumulent. Au lieu de mandater des entrepreneurs indépendants, ils emploient des animateurs, plus aptes à réaliser eux-mêmes qu’à appuyer les porteurs de projets. Ce comité se déconnecte progressivement des diverses sphères sociétales (intergénérationnelle, interculturelle, interprofessionnelle). Il perd la confiance des autorités et réduit l’activité. Il se coupe aussi des fondateurs de l’équipe initiale. Un des leaders, Pierre-Yves Studer, meurt tragiquement dans un accident de voiture. C’est l’implosion. La valse entre l’entre-déchirement et la bastringue débridée. Les voisins se plaignent des nuisances. La presse dénonce la gabegie. Les baux sont résiliés les uns après les autres. C’est un échec. Tout est perdu, surtout les fonds annuels et la confiance des fournisseurs et partenaires privés (associations, PME…) réunis par l’équipe initiale. Cette dernière décide que c’est un esprit qui mérite de perdurer, et accepte de tout recommencer à zéro. Nous en tirons d’importants enseignements sur l’art d’incuber en douceur pour éviter les faillites d’entreprise, qu’elles soient avec ou sans but lucratif.

Nouveau nom : Smala.

En 1997 est créée Smala, qui reprendra l’histoire et assure depuis lors sa pérennité.

Smala signifie famille élargie, tribu. C’est aussi le nom donné aux résistants face aux colons. La Smala est pour nous comme une capitale itinérante d’esprits libres, une fédération d’entrepreneurs sociaux en mouvement face à la société de surconsommation.

1997 donc : nouveaux lieux, nouvelles activités, et toujours le même fil rouge. On démarre à la rue de Chandieu, avec une maison, puis vite 2, 3…

On lance Tricycle, 1500 m2 d’ateliers créatifs, une école du terrain, lieu qui va évoluer sur 8 ans.

Voici ce qu’en relate Christophe Fovanna dans le Journal de Genève en novembre 1997 :

<« Dans un immeuble de quatre étages, de jeunes professionnels travaillant dans les domaines de la danse, du rap et de l’image, offriront à d’autres jeunes la possibilité d’une “formation culturelle”. Ouverture officielle des lieux samedi, dès 18 heures. »

« Le projet s’inscrit dans une logique d’”école du terrain”. “Ce lieu est un centre de formation culturelle qui a son utilité aussi bien avant, que parallèlement ou après une école”, explique Théo Bondolfi (que les Lausannois connaissent déjà pour avoir été notamment l’un des initiateurs de l’Association Tir Groupé, dont Tricycles est une sorte de prolongement). “Ce n’est plus seulement un lieu pour les copains, ajoute-t-il, mais un lieu pour les meilleurs: nous visons un nivellement par le haut!” »

« Mais ce centre, au-delà de ses ambitions, trouve sans doute d’abord son originalité première dans son fonctionnement. “Etre créatif n’est pas suffisant. Il faut une structure qui a un sens. Ce qui est intéressant, c’est d’avoir une logique commune.” Ainsi est prévue la publication régulière d’un bulletin commun, censé être un carrefour d’informations, d’idées et de débats. Il devrait stimuler le plus possible la communication et des actions transversales entre les différents acteurs et domaines culturels présents dans le centre. »

« Cette volonté d’imposer une structure interrelationnelle forte entre les membres de l’Association distingue Tricycles d’autres projets alternatifs du même genre. »

Nous allons demander de l’argent pour des projets. Sur le plan du fonctionnement, on va se débrouiller”, précise-t-il. Son travail terminé, il ira courir d’autres lièvres. Il souhaite notamment faire une étude sur tout ce qui a été fait en Suisse dans le cadre de centres alternatifs. Son but : démontrer la faisabilité du travail en parallèle entre une “école du terrain” et des structures existantes (institutions, festivals, etc.). »

En juillet 1999, premier film produit sur nos activités et grand succès : nous redonnons vie à la Voile d’or (maison située au bord du lac gérée par la Smala durant un été). Sous le titre « Toutes voiles dehors », Jacqueline Favez écrit dans le quotidien 24 Heures.

« Ils ont réussi! Après plusieurs mois de démarches, les jeunes de l’Association la Smala ont décroché un contrat de confiance leur permettant d’occuper La Voile d’Or à Lausanne-Vidy. Le célèbre bâtiment construit pour l’Expo de 1964, à l’abandon depuis environ quatre ans, va donc revivre. Et plutôt deux fois qu’une! En effet, la Smala prévoit d’atteindre progressivement un taux d’ouverture des locaux de 100 %, en accueillant des clients à la buvette extérieure aux heures où d’autres sortiront encore de l’espace consacré à l’animation nocturne. »

« Un fantastique défi qui va être relevé dans l’urgence puisque l’inauguration est agendée à vendredi soir, soit à peine une semaine après la signature du contrat. »

A nouveau, l’initiative porte ses fruits : nous faisons une offre de rachat, ironie du sort, le batiment est racheté par… les patrons du MAD. On reste en bon terme, et on poursuit à Tricycle, ruche créative par excellence. On y incube notamment Ynternet.org, qui va progressivement devenir un des leaders mondiaux spécialisé dans un domaine aussi pointu scientifiquement qu’essentiel pour le projet Ecopol à venir : l’internet solidaire, le bien commun dans notre société dite de l’information. Les ruches créatives permettent d’y attirer les leaders mondiaux de ce domaine peu connu, et pourtant qui nous concerne au quotidien. Avec Ynternet.org, les co-fondateurs de Tir Groupé appuient des projets de coopération Nord/Sud, et aident des ONG en Afrique francophone, soutenu par l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie. Marie-Jane Berchten est nommée déléguée de la Suisse au Forum Mondial de la Jeunesse du système des Nations Unies. Alors que la Suisse n’en est pas encore officiellement membre, la voilà à Dakar en été 2001, avec le droit de vote pour faire avancer les droits des jeunes dans le parlement mondial. Fort d’un engagement sur le plan local, nous cumulons les participations à de grands forums mondiaux. Théo Bondolfi est nominé par l’UNESCO parmi 3’000 candidats « jeunes entrepreneurs sociaux hors du commun », et fait partie des 60 sélectionnés pour un programme de formation d’une année qui est une équivalence Master. Nous offrons un stage de formation à Barbara Steudler, qui fait ses premières armes dans la créativité socio-environnementale, ce qui l’aidera à développer par la suite l’association Nice Future, en compagnie de Vincent Girdardin (ancien vice-président de Tir Groupé).

2001: Mobutu connexion, une action politique ponctuelle pour semer l’avenir.

L’équipe de Smala occupe la maison que possédait le dictateur zaïrois Mobutu près de Lausanne. Objectif: que l’argent détourné par les dictateurs à travers le monde et planqué en Suisse soit restitué et versé sur les comptes en banque des gouvernements concernés en vue d’assurer le développement des peuples ainsi spoliés.

Isidore Raposo écrit alors dans le 24 Heures :

« “Cette maison est inoccupée depuis plusieurs années. Ce que nous voulons, c’est que le dix pour cent du produit de la vente revienne directement au peuple congolais”. Cette revendication, la Smala l’a d’ailleurs formulée depuis le mois de mai auprès des autorités fédérales… sans obtenir de réaction de leur part. Les occupants exigent que cet argent soit consacré à la construction d’écoles, de centres de santé, à la création de bornes Internet communautaires et à des entreprises de type social. “Nous avons l’intention de rester jusqu’à dimanche et nous invitons le public à découvrir le musée des dictatures. Les portes sont aussi ouvertes aux artistes qui désirent montrer leurs oeuvres”, lance le porte-parole de la Smala en guise d’invitation. »

Nos collègues au Congo, rencontrés dans nos projets Nord/Sud, reproduisent notre longue lettre au Conseil fédéral et publie au Congo un appel dont voici un extrait :

« La bataille n’étant pas encore gagnée, la lutte continue. Nous relayons ce message pour que les Congolais de la R.D.C. prennent conscience de l’ampleur du problème et s’investissent avec détermination et énergie afin de faire aboutir positivement ce dossier. »

Il est amusant de noter que 10 jours après cette brève occupation, Théo Bondolfi représentait Smala dans le tour du Brésil des innovations sociales, sur les traces de Paolo Freire, le fondateur de la théologie de la libération. C’était une invitation du bien nommé réseau mondial des pionniers du changement.

Surprise : le 13 septembre 2010, par 114 voix contre 49, le Conseil national adopte une loi pour que les fonds détournés des dictateurs ne puissent plus retomber en mains criminelles (voir le Courrier, 14.09.2010). La chambre des sénateurs avait déjà donné son aval en juin 2010. Cette nouvelle loi est quasiment similaire aux propositions innovantes faites par Smala en 2001. Bien sûr, les impulsions furent nombreuses, sans lien avec Smala qui n’a pas d’action de lobby dans les couloirs du parlement, et en aucun cas nous ne pouvons nous attribuer seuls ce crédit. Le sénateur Luc Recordon, parrain d’Ecopol, fait partie des autres grands acteurs de ce dossier. Au fond, en osant exceptionnellement sortir de la réserve politique qui nous est chère et pénétrer symboliquement dans cette maison le temps d’un week-end, nous avons initié le débat, fait les gros titres, ouvert une brèche. Ce fut aussi d’une certaine manière un des gros dossiers qui contribuèrent à remettre en question le secret bancaire et l’impunité de la criminalité en col blanc en Suisse. Merci Mobutu! 🙂

Dès 2002, nous visitons quelques-uns des fleurons du réseau mondial des écovillages comme Torri Superiore, Findhorn et Auroville, ainsi que les premiers écoquartiers. Nous louons même des bus pour visiter en équipe grands nombres des écolieux, suscitant des vocations similaires dans notre région par d’autres groupes. Nous découvrons les points communs avec nos démarches, c’est très inspirant. Ce sont les seuls lieux qui, comme les maisons Smala, incluent logement, animations socioculturelles et incubation d’entreprises sociales. Ils ont beaucoup à nous apprendre. Nous découvrons aussi avec intérêt qu’à force de déménager et devoir recréer partiellement la dynamique de groupe, nous avons aiguisé nos méthodes sur certains aspects et réussi à prévenir de nombreux problèmes structurels pouvant freiner, voire carrément bloquer, la dynamique de groupe dans ces lieux visités.

Par exemple, chez Smala, il n’y a pas de bénévolat obligatoire. Nous appliquons le principe de payer d’abord pour le nettoyage des espaces communs, et c’est seulement après avoir nettoyé qu’on demande à être payé. Nous stimulons très activement la réalisation de toutes les prestations par des co-habitants, pour éviter de dépendre de prestataires externes, pour que l’argent reste entre co-habitants, ce qui favorise la convivialité et la connaissance mutuelle ; pour cela, nous définissons le profil des personnes ayant la priorité sur les locaux vacants en fonction des prestations pour lesquelles nous avons des budgets.

Plus largement, bien que nos valeurs soient humanistes et que certains nous qualifient d’idéalistes, nous avons appris à gérer des fonds publics, par obligation de survie, à devenir de relativement bons managers et à faire valider nos rapports par des audits externes. Nous avons aussi des modèles de contrats immobiliers ou de travail relativement plus solides que d’autres éco-lieux, qui fonctionnent 100% à la confiance, alors que nous sommes à 90% confiance et 10% contrôle.

2003-2004 : dissolution de Tir Groupé, reprise officielle par Smala

Après s’être réduite comme peau de chagrin, Tir Groupé part en faillite ; Théo Bondolfi reçoit chez lui les actes de poursuite pour non paiement des charges sociales des salaires, car son nom était resté comme employeur officiel, dû à un oubli du nouveau comité.

François, un des co-fondateurs de la Smala, a dit ce proverbe un soir : «y’a des choses qu’on perd, y’en a d’autres qu’on récupère, c’est ça la vie communautaire ». Ce proverbe illustre bien la situation.

Smala va donc reprendre « officiellement » le patrimoine « spirituel » de Tir Groupé, avec quatre des fondateurs initiaux : Mariette Glauser, Marie-Jane Berchten, Johana Raphael et Théo Bondolfi. Viendront ensuite se former dans le comité notamment Gwenaël Groppetti, Noémie Verdon et Jérémie Tinturier, des jeunes à l’avenir prometteur.

Dès 2005 : nouvelles maisons Smala

Re-gestion de nombreuses maisons prêtées ou louées temporairement à Smala, certaines avec des gros travaux, mais toujours sur des durées courtes. Difficile d’installer durablement nos activités dans ces conditions.

Parallèlement, la qualité et quantité de parrains et partenaires de Smala se renforcent. Signalons par exemple l’appui remarquable d’Albert Jacquard, actif sur tant de causes. Nous voilà invités à présenter notre démarche à Pierre Rabhi et aux coordinateurs locaux du mouvement des Colibris.

2004-2009 : incubation d’APRES-VD

Après avoir activement participé au Forum social mondial en 2002 et 2003, nous soutenons le démarrage de la Chambre Genevoise de l’Economie Sociale et Solidaire (APRES-GE) en 2004 puis incubons son homologue vaudoise. C’est une des grosses incubations réalisées, qui se termine en beauté les 8 et 9 mai 2009, avec près de 200 acteurs locaux de cette économie à visages humains réunis pour 2 jours de colloques festifs à Pully, au bord du lac, avant de donner corps à cette nouvelle association.

Voici ce qu’écrit à ce sujet Didier Planche dans Moneta, le journal de la Banque Alternative Suisse :

« Le forum pour la promotion de l’écologie locale et associative du canton de Vaud (APRES-VD) a été créé en 2005 par huit responsables d’associations; il cherche à mettre en relation des acteurs collectifs et individuels, développant des initiatives économiques à vocation sociale et plaçant l’être humain au centre de leurs préoccupations. APRES-VD oeuvre en outre à l’organisation d’une grande rencontre destinée à valoriser la solidarité dans l’économie vaudoise. »

« L’économie sociale et solidaire répond à un besoin de concrétiser une nouvelle façon de vivre et de penser l’économie. Son émergence est facilitée par l’utilisation de l’internet, qui mobilise les disponibilités et les énergies tout en favorisant les échanges entre les acteurs associatifs. »

« Il s’agit en fait d’une propagation virale informelle, qui permet à chaque association ou entité prônant l’économie sociale et solidaire de proposer des prestations à des partenaires qui défendent le même idéal”. »

« L’association Smala, cofondatrice d’APRES-VD, est notamment active dans la gérance communautaire, l’animation socioculturelle, l’écologie pratique et l’incubation d’éco-projets: autant d’actions liées à une forme d’économie solidaire. Elle a par exemple accompagné l’incubation de l’association BioEco, laquelle gère la première boutique en ligne de produits bio et écologiques avec livraison à domicile, favorisant ainsi les produits artisanaux plutôt que la grande distribution. »

« Les objectifs d’APRES-VD sont de mettre en relation les acteurs collectifs et individuels de l’économie sociale et solidaire, afin de faciliter des réflexions communes et des synergies. Egalement de développer des prestations entre eux et de défendre les intérêts de ce concept économique, lequel remet en question le postulat préconçu selon lequel les besoins humains pourraient être satisfaits par le seul marché et ses prétendues lois naturelles. »

« Dans cette optique, APRES-VD applique certaines valeurs de base comme le bien-être social, la citoyenneté et la démocratie participative, l’écologie, la solidarité ou encore l’autonomie du travail. Cela dans un contexte de motivation, de valorisation des compétences et d’épanouissement personnel. En ce qui concerne le bien-être social, il s’agit par exemple de développer des relations économiques avec des filières de production offrant des conditions de travail et de rémunération équitables. Et de tendre vers un but non lucratif ou limité dans le profit, lequel est réinvesti dans la promotion du but social de l’activité”. »

« En matière d’écologie, l’engagement implique notamment de connaître, d’appliquer et de transmettre les solutions et les pratiques les plus respectueuses de l’environnement. Par exemple, le tri des déchets, la récupération, le recyclage l’utilisation d’énergies renouvelables, la mobilité douce, les économies d’énergie, etc. Il s’agit aussi de développer des relations d’échange et de consommation avec des filières de production qui respectent notamment les cycles écologiques naturels. »

Un forum innovateur et fédérateur

« Forte d’une trentaine d’organisations, dont la Banque alternative BAS, Actares, Smala, Terrespoir (commerce équitable avec l’Afrique), Lausanneroule (vélo en ville et aide à la réinsertion des demandeurs d’emploi), SOS Futures Mamans, etc., APRES-VD prépare une Rencontre vaudoise de l’économie locale et associative; celle-ci aura lieu à Lausanne pendant deux jours, en automne 2008. Elle vise la participation d’au moins 120 organisations. Son but sera de renforcer, densifier et améliorer les liens entre des organisations actives dans l’habitat associatif, les coopératives agricoles, les services environnementaux, la finance solidaire, etc., afin de faciliter l’établissement de partenariats durables, aux fins de dynamiser l’économie sociale et solidaire. »

« Ce forum permettra de réaliser une enquête-recherche sur les besoins et les ressources disponibles ainsi que de donner naissance à un portail web de prestataires de biens et de services, pour faciliter les rapports entre petits producteurs et consommateurs de l’économie locale et associative. A titre d’exemple, une coopérative d’habitation pourra collaborer avec une coopérative d’achat de produits maraîchers, en vue d’assurer l’acquisition collective de biens”, se réjouissent les initiateurs de ce forum vaudois. »

2006: y’en a marre de déménager!

On décide de créer une coopérative d’habitation afin qu’elle achète des maisons ou terrains et qu’on puisse y développer des activités sur des décennies et non plus des années. Mariette propose le nom de Batir Groupé, clin d’oeil à la transformation du passé en avenir. On l’adopte immédiatement. On anime la maison de la rue Curtat 14, sous la cathédrale, un lieu proche en tous points de l’esprit initial au labyrinthe 1993. Nous y essuyons le refus étonnant de la commune de nous donner la possibilité d’y bénéficier d’un contrat de 99 ans (droit dit « de superficie ») pour lequel nous avions trouvé les fonds garantissant un commerce équitable ; notre projet mélange logement et animation socioculturelle, or dans l’objectif de la ville, c’est un lieu qui doit être dédié exclusivement au logement. Mais comme le dit Mariette à cette occasion dans le film sur nos 15 ans : La Smala, on tire on tire, mais ça ne casse jamais !

2007-2012: reconnaissance fédérale

Nul n’est prophète dans sa région : Smala décroche coup sur coup quatre mandats de projets européens, financés par la Confédération. Chaque projet sera au final couronné de succès et les rapports finaux seront tous validés avec remerciement du Secrétariat d’État à l’Education et à la Recherche.

Objectif : recevoir des méthodes de gestion innovantes de problèmes socio-économiques de la part d’autres ruches créatives en Europe, sur des thèmes de développement socioculturel, les analyser et les adapter au contexte suisse, tout en les enrichissant de notre créativité pour les étoffer à l’échelon européen. Nous découvrons un monde incroyable, composé d’experts en transferts d’innovations socio-pédagogiques, de promotion des transversales et de partenariats multilatéraux, dans lesquels nous nageons comme des poissons dans l’eau. Les thèmes :

1. Entreprises partagées, ou comment créer un nouveau statut professionnel entre travailleur indépendant et employé : l’entrepreneur salarié.

2. Team ecoconstruction, ou comment développer des filières d’écoconstruction en Europe.

3. Minergie sans pétrole ? Comment isoler exclusivement ou presque ses maisons avec des matériaux naturels ? C’est le projet INATER.

A voir absolument sur le site de la Smala : INATERRO, le film pédagogique produit par Smala sur fonds européens sur les matériaux naturels avec Vincent Kucholl et Noël Tortajada de la Radio-Télévision Suisse, et une ribambelle de stars d’Hollywood : Clint Eastwood, Angelina Jolie, Leonardo di Caprio etc… (oui oui!).

4. Accès pour tous à l’espace urbain

Concernant ce projet, voici quelques extraits de l’article de janvier 2013, Gaëlle Desportes, Etre-Handicap Information, Janvier 2013 sur le thème « Éliminons les situations de handicap ! »:

« Le 25 octobre 2012, la conférence ayant pour thème “Une ville pour tous” s’est tenue à la mairie du 3e arrondissement de Paris. Un après-midi pour se pencher sur ce qui entrave l’accessibilité des citoyens européens en zone urbaine… et découvrir des outils pour y remédier. »

« Un projet qui prend en compte la “logique de la ville” (déplacements d’un bâtiment à l’autre, d’un parc à une terrasse de café, d’une boutique à un établissement public…) en plus de celle du cadre bâti (déplacements d’une pièce à l’autre), le tout étant sous-tendu par un principe : “ce qui est nécessaire aux uns bénéficie à tous”. »

« Besoin de concertation et d’une volonté politique forte”

« Pour permettre aux participants à la conférence d’appréhender concrètement les difficultés rencontrées par les personnes handicapées en milieu urbain, l’Arvha a diffusé un film de la Smala. Cette association suisse est allée constater la situation sur le terrain en France, en Italie, au Royaume-Uni. On y observe la pression exercée par la circulation automobile (à Rome, un habitant aveugle relate s’être fait détruire quatre cannes en traversant), les erreurs de conception, les oublis… Les architectes européens du projets TTAT ont ensuite présenté la situation dans leur pays respectif. Là aussi, des points négatifs (non-respect par les voitures, matériaux de mauvaise qualité, travaux non sécurisés, barrières cloisonnant les trottoirs, absence de signalétique, mauvaise conception des passages piétons…), mais aussi des exemples positifs : à Athènes, par exemple, la mise en accessibilité du site de l’Acropole et des 24 stations de métro de la ville a été remarquablement réalisée. “Ce qui coûte cher n’est pas l’accessibilité, mais c’est de réparer les erreurs, a expliqué Luc Givry. Quand on veut aménager un espace, il faut absolument en parler avec des personnes handicapées. Rien de pire que la bonne volonté mal pensée. C’est ainsi que l’on se retrouve avec de belles rampes d’accès pour fauteuils roulants toutes neuves mais inutilisables, car leur pente est trop raide.” Enfin, il estime que “l’accessibilité est un choix politique, qui commence par faire respecter la réglementation existante”. »

Ces projets nous permettent de préparer plusieurs axes du label et incubateur Ecopol.

Dans chaque projet, nous réalisons un film, des cours.

Pour plus de détails, voir aussi les pages du site Smala, sous le menu « instituts ».

2013 : 28 septembre, la fête des 20 ans, on lance le label Ecopol, synthèse de notre expertise

L’aventure continue ! Le comité 2013 dit 1’000 mercis à chacun-e d’entre vous ayant participé à l’aventure.

Et ça continue…