UNE BELLE HISTOIRE DE VIVRE ENSEMBLE EN 10 LABOS

Édito de la newsletter de février 2019.

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Que diriez-vous si vos voisins vous proposaient de s’organiser pour mettre 150 chf par mois et par adulte pour partager des légumes bios, une cafétéria, des repas sains à petit prix, un bureau co-working, des véhicules, des matériaux naturels pour l’écoconstruction, une salle polyvalente (de cours, sports, fêtes…), un système de recyclage, des produits de nettoyage faits maison, un jardin didactique en permaculture ?

Dans le même esprit d’acteurs du terrain que les manifestations étudiantes pour le climat inspirées de Greta Thunberg, nous avons commencé à développer 10 labos vivants. Notre but est de pour stimuler un des aspects les plus délicats de la transition écologique : notre partage en voisinage. Le modèle s’adapte à divers lieux : hameau, immeuble locatif en ville, quartier de villas, nouvel écoquartier…

Concrètement, ces 10 labos sont réunis dans un lieu que nous avons commencé à aménager comme un musée vivant, interactif. Nous y proposons des découvertes pédagogiques pour petits groupes, de 2h à une journée, incluant visite guidée, jeux, conférence, conseils, repas…

L’objectif est préparer et tester jusqu’en été 2020, puis d’inaugurer.
Voici les 10 labos du vivre ensemble qui pourront progressivement être adapté à d’autres lieux :

  • 1. Recyclages ménagers
  • En 2018, la Suisse recycle moins que la Slovénie, le Pays de Galle, la Corée du Sud, Taïwan (9e position). De plus, nous vivons dans le 3ème pays produisant le plus de déchets par habitant en Europe avec 733 kg par habitant et par année.
    Ce labo montre les bonnes pratiques ménagères en matière de gestion des déchets ménagers, lombricompostage, récupération et transformation des déchets sur place.
    Partenariats : summitfoundation.org pour les déchets, biocapi.ch pour toilettes sèches (compost).

  • 2. Fabrication produits de nettoyage naturels (vaisselle, sols, savons…)
  • En 2016, rien qu’à la station d’épuration des eaux (STEP) de Vidy (Lausanne), plus de 10 tonnes de produits phosphorés provenant des détergents (vaisselle, sols). Le phosphore est interdit en Suisse dans les lessives depuis 1986, mais pas encore dans les produits de vaisselle ni de lave-vaisselle. L’union européenne a interdit l’utilisation des phosphores pour les produits lave-vaisselle au 1er janvier 2017, mais la Suisse qui était pionnière dans ce domaine ne fait que l’envisager.
    Déjà en 2011, la Fédération Romande des Consommateurs (FRC) avait démontré que nous pouvons laver sans phosphate, à moindre coût, sans perte de temps ni de qualité ! Faire ses produits en famille ou entre voisins dans un immeuble, c’est bon pour le porte-monnaie, et c’est un loisir sympa pour passionnés de chimie, biologie, logistique…

  • 3. Cuisiner simple, bio & local
  • Les habitants suisses jettent en moyenne 2,3 millions de tonnes de nourriture par an. Ce qui représente comme dépenses 4 milliards de CHF/an. Ce gaspillage est donc de 94 kg/an par habitant, ce qui est égal à une somme annuelle moyenne de 2’000.- CHF.
    Pour bien consommer et manger à petit prix, et pour considérer l’alimentation comme un médicament de prévention santé, ce labo met en valeur des pionniers comme Ugly Fruits (fruits moches bio à prix abordables), Äss-Bar (recyclage des invendus en pâtisserie dans toute la Suisse), Raw-Lab (alimentation crue et bio).. Nous y organisons 15 à 30 repas par mois entre habitants, co-workers et invités, au gré des agendas. Nous y documentons comment bien manger à petit prix.

  • 4. Vitrine avec dépôt-vente directe de produits du terroir
  • En 2018, seules 22% de l’ensemble des exploitations agricoles vendent directement leurs produits aux consommateurs.
    Pour mettre en valeur cette consommation en tant que consomm-ACTEUR, nous collaborons avec des producteurs du Salon des Vins bio de Lavaux, des membres de la Fédération Romande de l’Agriculture Contractuelle de Proximité (fracp.ch), la foire Agri-Bio et la semaine du Goût.

  • 5. Jardin didactique (permaculture)
  • Quand on parle de pollution des sols, on pense souvent aux déchets artisanaux et industriels anciens, mais ce ne sont pas les seuls polluants. Cette pollution, qui a pour origine plusieurs dizaines d’années de mauvaises pratiques, a plusieurs causes comme l’incinération d’ordures en plein air ou l’utilisation excessive d’engrais chimiques par des jardiniers amateurs.
    Vous pourrez découvrir les bonnes pratiques : potager bio, herbes pour phytothérapies, hôtel à insectes pour la biodiversité, plantes comestibles locales et anciennes. Des collaborations ont été déjà établies avec notamment la fondation ecojardinage.ch, les écopaysagistes de dessine-moi un jardin et divers experts intervenants.

  • 6. Salle de cours et conférences (polyvalente) : l’écologie numérique et économique
  • Pour les cadres des secteurs publics et privés, comme un think tank participatif, ce centre de Grandvaux ouvre la porte aux questions des pratiques quotidiennes en société.

    Axe numérique: Smart Cities, citoyenneté numérique, prévention de l’infobésité, éthique… Chaque année dans l’espace web circulent 10x plus de “mauvaises” info par rapport aux “bonnes” info. Ce sujet n’est que la pointe de l’iceberg de nos défis pour des bonnes pratiques numériques. Et celles-ci existent : wiki, Culture et logiciels libres, crowdsourcing, ethic data management… Nous apportons des solutions sur mesures via notre partenaire Ynternet.org (V-P Florence Devouard, qui a présidé la fondation Wikimedia USA) pour, notamment, migrer ses ordinateurs sous logiciel libre, publier nos recettes et modes d’emplois sous licence CreativeCommons

    Axe économique: société à 2000 Watts, et évolution des habitudes en entreprise, réduction des consommations et simplicité volontaire, recyclage et lutte contre le gaspillage… Cette démarche est promue notamment via le réseau mondial des écovillages (GEN) dont la Smala est seule représente en romandie, contribuant ainsi à générer la confiance dans les changements de pratiques, vers plus de sobriété et de simplicité.

  • 7. Co-working de projets écologiques : un incubateur d’innovation socio-écologique
  • C’est le premier centre co-working dédié à l’innovation sociale en romandie. Il est codirigé par notre partenaire l’association APTES.ch, Association pour la Promotion de la Transdisciplinarité et de l’Entrepreneuriat Social. Nous y offrons des stages de 6 mois pour créateurs d’entreprises d’innovation sociétale, et avons déjà aidé plus de 100 micro-entrepreneurs et chercheurs d’emploi sur 2007-2018.

  • 8. Arts et artisanats DIY avec signalétique pédagogique (musée vivant)
  • Ce labo combine oeuvres d’artistes confirmé (à fort coefficient poétique) et présentations de solutions artisanales basée sur le recyclage d’objets courants. Une signalétique pédagogique est aussi réalisée par des artistes, pour documenter les pratiques des labos.
    De plus, ce labo permet de présenter cet écococentre comme un musée vivant à visiter.

    Il pourra donc regrouper :
    A) Des artistes spécialisés en créations pour les transitions sociétales, avec une dizaine d’artistes dont certains déjà pré-sélectionnés (architecture organique et/ou anthroposophe avec K-Soul, bande dessinée Squarzoni, écrivain Bernard Werber, peintres-installateurs Olivman, musicien MC Romulus, Naomi Klein) ;
    B) Des acteurs des Hautes Écoles spécialisées de Romandie (HES-SO) ;
    C) Les réseaux internationaux d’innovation écologique, notamment les technologies DIY (Do It Yourself) tels OpenSourceEcology, PreciousPlastic.com…

  • 9. Écoconstruction avec matériaux naturels
  • Aujourd’hui, près de 40 % de l’énergie consommée en Suisse sert à approvisionner les bâtiments. Il existe en Suisse encore 1,5 million de bâtiments qui ont besoin d’être rénovés. Au-delà de l’efficience énergétique, nous y présentons les matériaux et systèmes naturels réalisés dans nos diverses maisons construites par nos artisans, avec leur impact sur la qualité de vie et les gestes du quotidien (exemple : chauffages à pellets, peinture à l’argile, écobéton, réseau 12 volts, eau de pluie pour potager…).
    Durant la visite sous forme signalétique et de catalogue, le public trouve des solutions concrètes, avec coûts au m2 ou m3, options d’artisans conseillés, options de matériaux…

  • 10. Escape room sur les risques d’extinction de l’humanité
  • Ces risques sont réels. Pour sensibiliser le public, nous créons un jeu dans une pièce dite “escape room” : enfermés pendant 60 minutes, un groupe de 4 à 6 personnes tente d’en sortir en résolvant des énigmes. Thème choisi : les risques d’effondrements de société découlant de la 6e extinction de masse (dite de l’anthropocène), sur une base scientifique. Les événements forts des alertes d’experts depuis les années 1970 y sont présenté de manière ludique.

    Sources des chiffres et statistiques : voir lasmala.org/stats-labo-vivant.

    Alors imaginez-vous en 2021 arriver avec des amis dans notre écolieu où des gens cohabitent, mangent sainement, coopèrent, présentent les innovations du vivre ensemble, utilisent des logiciels libres, recyclent beaucoup, festoient, partagent des véhicules, chacun à leur rythme. C’est cela que nous construisons, dans ces murs en bois que nous habitons.

    Et pour bien avancer, nous allons organiser un chantier festif en été 2019 pour réaliser la partie jardin et déco créatives. Ce sera tout juillet et août 2019, vous pouvez réserver et nous contacter dès maintenant par retour de courriel.