Maisons Smala

chalet_smalaImage ci-contre : le chalet avec jardin géré par Smala au bord du Lac à Lausanne-Ouest

Cet article présente les locaux actuellement à attribuer et décrit le fonctionnement de la gérance Ecovie de Smala.

L’association Smala est active depuis 1997 dans la mise à disposition de locaux à prix modérés, pour des porteurs de projets socioculturels. 27 maisons gérées, sur une moyenne de 3 à 4 ans, avec logement et/ou ateliers. Il s’agit de contrats de prêts pour des ateliers et logements (appartements, chambres) temporaires sur 6 mois à 5 ans (selon les maisons).

Vous voulez visitez des locaux ? C’est possible après que vous ayez :

1) Lu cet article (c’est 10 minutes bien investies, oui oui oui!), car il y a notamment le “mode d’emploi “comment postuler pour un local” (appartement, chambre, atelier, bureau…)”.
2) Téléchargé, rempli et renvoyé votre formulaire/dossier de candidature par email ou par poste.

En parallèle, vous pouvez aussi nous rendre visite durant les soirées de repas-rencontre de l’agenda , organisées une à deux fois par mois .


Nous avons toujours des locaux disponible, dans un délai de 1 à 4 mois. première étape pour vous : nous faire parvenir un formulaire de candidature car ainsi dès que des locaux se libèrent nous vous les proposons en priorité.

Formulaire de candidature (version rtf).

Autres activités possibles mis à part logement et bureau : artisanat, bricolage, accueil d’enfants, autres cours, rencontres associatives périodiques… Formulaire de candidatures ici


Comment postuler pour un local ?

1. Lire cet article de A à Z (ça prend 10 petites minutes).

2. Télécharger le formulaire de candidature pour bénéficier d’un local
Contactez-nous pour nous l’envoyer par courriel ou par la poste.

3. Dès qu’un local est disponible, ce sont les animateurs de la gérance qui vous téléphonent pour fixer un rendez-vous, pour une visite du lieu.

4. Vous confirmez ou infirmez votre intérêt pour le local proposé.

5. Vous signez le contrat d’échange de prestations, qui contient un aspect “mise à disposition d’un local” et un aspect “mise à disposition d’autres biens et services” (notamment téléphone, accès Internet, aide à l’aménagement, alimentation de base…).

6. Vous versez un dépôt de garantie pour votre contribution aux charges et vous recevez les clés, avec une aide à l’emménagement.

7. Au début, votre contrat est de durée limitée, de mois en mois. Après une période allant de 6 à 18 mois et si vous confirmez votre intérêt à rester durablement dans une maison animée selon cette démarche de métissage (culturel, générationnel, activités), l’équipe de Smala décide soit de vous proposer un contrat de 6 mois en 6 mois, soit de vous laisser quelques mois pour trouver un nouveau lieu qui vous convienne. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les personnes qui partent après la période d’essai soient relogées délicatement. Donc c’est réellement après 6 à 18 mois d’essai que vous êtes accepté ou non comme membre de Smala et/ou coopérateur de la Coopérative Batir Groupé.

Conseil utile
Si vous êtes engagé dans les milieux associatifs et/ou participant actif à la vie sociale et culturelle de notre région, nous vous donnons la priorité. Alors n’attendez pas qu’un local spécifique (chambre, appartement, atelier, bureau, dépôt) soit à attribuer : déposez plutôt une candidature ouverte, sans besoin urgent, et venez à un des repas organisé par Smala (cf page programme et dates dans la page d’accueil). Ainsi votre candidature sera traitée en priorité lorsque tout nouveau local pouvant vous convenir sera disponible.


IMPORTANT : il s’agit d’une expérience de type pension pour formation continue, dans le cadre de contrats d’échanges de prestations. Les charges à payer pour ces locaux couvrent non seulement l’électricité et le chauffage, mais aussi le téléphone et Internet, l’aide à l’emménagement et au déménagement, des aliments de base, une soirée de formation par mois…, bref, les prestations standards proposées par Smala (cf partie administration ci-dessous).

Qu’est-ce que la gérance Ecovie ?

L’équipe qui dirige Smala anime un programme composé de 6 axes complémentaires, nommé programme Créaction.

Au coeur de ce programme, la gérance Ecovie. Il s’agit de la gestion à but non lucratif de locaux permettant à des personnes engagées socialement et culturellement d’accéder à des locaux dans lesquels ils vont bénéficier d’une expérience formatrice mélangeant cohabitation et coopération. Une forme de coopérative d’habitation associée à un centre de quartier.

En résumé, la gérance Ecovie s’inscrit dans la mouvance internationale dite des gérances associatives, comme la CIGUE et la CODHA de Genève. La gérance Ecovie (et le programme Créaction qui l’englobe) intègre les activités et les méthodes de gestion des maisons de quartier, des centres culturels, et des coopératives d’habitation.

Toutes les chambres attribuées sont dédiées pour usage personnel, seul ou en couple / famille. Des assemblages de chambres sont possibles pour les regroupements familiaux, par exemple 2-4 pièces réunies pour une famille de 2-4 personnes.

Les ateliers peuvent être partagés ou dédiés, selon les désirs des bénéficiaires. Les chambres sont invariablement dédiées (privées), toujours avec clé.

Dans les maisons de plus de 100 m2, il y a des espaces communs comme une salle de bain, une cuisine, un salon, une salle de loisirs, un jardin, une terrasse, un bureau, une salle de rencontre polyvalente…

Pourquoi n’y en a-t-il pas d’autres ? Il en existe, ce sont les écovillages. Ils restent rares principalement parce que le principe de développer des lieux mélangeant des réalités aussi diverses que

La raison de notre succès

Si Smala a un succès grandissant, c’est, paradoxalement, parce que la peur de la communauté est très forte en Occident. L’idée de “vivre en communauté” est très souvent liée à l’idée de locaux mal rangés, de manque de respect de la liberté de l’autre, d’obligation de faire la vaisselle des autres, d’abus en tout genre… De plus, les expériences hippies des années 60 et 70 ont semble-t-il laissé un souvenir aigre-doux dans l’inconscient collectif. Pourtant nous vivons en communauté de pratique : la Communauté Européenne, la communauté des usagers des transports publics… et vivre en communauté signifie avant tout apprendre à mutualiser certains achats, pour mieux respecter la planète. Dans les maisons gérées par Smala, chacun a sa chambre, son coin perso dans la cuisine, idem dans la salle de bain. Bref, on peut partager certains ressource stout en gardant son intimité, son rythme…

La clé du succès, c’est de rester modéré et de savoir s’adapter.

La communauté, est-ce que ça fait peur ?

Il semble que l’idée communauté = squatt mal organisé = lieu malsain = complications en perspective reste une idée vivace, même si elle n’est pas fondée. C’est comme de nombreux autres préjugés sur les Noirs, les femmes actives, les homosexuels, les demandeurs d’asile, les écologistes, les artistes, etc…

Le fait qu’une peur existe crée un vide dans les offres immobilières des cités vaudoises : il y a des personnes intéressées à vivre et coopérer en petites communautés, mais rares sont les collectifs d’habitants qui s’engagent dans cette voie sur plusieurs maisons à notre connaissance.

Bref, le succès de Smala réside dans le fait qu’il y a – malgré les préjugés sur la vie en communauté – une portion grandissante de personnes qui souhaitent faire une expérience de cohabitation et/ou coopération en communauté ici et maintenant, concrètement, en respectant l’environnement par une attitude profondément responsable, basée sur la simplicité volontaire, la sobriété heureuse, la jubilation dans l’effort de vivre.

Ces personnes sont conscientes que la durabilité de la vie sur terre passe par la vie en communauté, que cela permet de réduire la consommation : partage de matériels (frigo, modem, cuisine), tout en ayant une totale indépendance de rythme et un local dédié (usage privé). Ce sont des personnes qui partagent cette vision qui bénéficient de locaux à Smala, et justement leur nombre est croissant, alors que les offres sont quasiment inexistantes. Ensuite, ces personnes peuvent constater que, mis à part une réunion de maison par mois et le rangement immédiat de leurs affaires dans les locaux communs, elles peuvent vivre entièrement à leur rythme.

Environ 30% des bénéficiaires restent durablement et les maisons s’autogèrent.

Il y a beaucoup de cas de figures dans une vie, donc la communauté n’est pas toujours la meilleure formule. Par exemple une femme enceinte aura souvent plutôt envie d’un appartement indépendant avec son conjoint pour créer un cocon propice à l’accouchement ; ou un étudiant qui est dans son année de stage et qui, temporairement, n’a plus la même disponibilité pour participer aux réunions mensuelles de maison, ne pourra pas vivre réellement en communauté.

C’est pourquoi nous avons tout un dispositif de flexibilité et de mobilité, permettant d’éviter le dégoût de la vie communautaire:

  • studios et appartements indépendants disponibles pour ceux qui souhaitent faire une pause
  • socio-pédagogues à disposition pour faire le point quand nécessaire, et de toute façon bilan semestriel pour tous, afin de faire le point régulièrement et mettre à jour ses motivations, ses attentes…
  • contributions aux charges mensuelles suffisantes pour éviter l’obligation des tournus pour les tâches ménagères (chacun paie un forfait pour une conciergerie commune)
  • réunions de maisons 1x par mois obligatoires, et liberté de rythme tout le reste du mois
  • aides au relogement et accompagnements personnalisés des bénéficiaires pour leur intégration
  • espaces de rangement des affaires persos dans les locaux communs (si un soir un bénéficiaire n’arrive pas à faire sa vaisselle, il peut mettre ses assiettes sales dans sa boite perso à la cuisine, ainsi il vit à son rythme sans pour autant limiter la liberté des autres).Avec ce dispositif, développé progressivement sur 15 ans d’expériences de terrain et de recherches dans les dynamiques communautaires (au sein d’écovillages d’autres pays, de diverses institutions d’accueil, par des entretiens avec des experts), la gérance Ecovie de Smala propose une formule assurant que le respect du voisinage et la bonne volonté de chacun soient au rendez-vous.Environ 30% des bénéficiaires qui font l’essai restent durablement dans la gérance, devenant progressivement animateurs eux aussi. Les 70% qui se réorientent sont soit des personnes ayant initialement prévu un contrat de durée déterminée, soit des nouveaux choix de vie (voyage, création d’foyer familial). Il y a aussi une minorité de mécontents, qui avaient des attentes initiales auxquelles nous n’avons pas pu répondre.Les maisons animées par Smala deviennent ainsi progressivement autogérées par les bénéficiaires. Selon nos 15 ans d’expérience, il faut :
  • 12 à 36 mois pour qu’un bénéficiaire soit intégré dans le groupe d’animation gérant la maison
  • 3 à 6 ans pour qu’une maison communautaire soit autogérée, avec un dispositif
    de supervision externe réduit au strict minimum .


    ASPECTS ADMINISTRATIFS DE LA GERANCE ECOVIE

    Sauf avis contraire, les contrats sont basé sur l’échange et non pas le bail.
    En aucun cas les mises à disposition de locaux chez Smala ne sont assimilables à un bail à loyer, car l’échange de prestations est prépondérant sur le bail.

    La sous-location est donc aussi exclue.
    Si une personne part en voyage pour plusieurs mois, elle peut demander à retrouver son local à son retour, mais c’est la direction de la gérance Ecovie qui réattribue son local à une autre personne pour la durée de son séjour à l’extérieur de la maison Smala. Ainsi le choix des remplaçants sert les intérêts du groupe.

    Les charges se paiement chaque mois et sont calculées ainsi :
    charges communes 250.- à 350chf par mois (selon les maisons)
    chaque m2 perso entre fr. 10.- et fr. 20.- selon les maisons.

    Par exemple, une personne souhaitant un atelier de 15m2 dédié (rien que pour elle) et une chambre dédiée de 20m2 pour habiter et coopérer sur place dans sa vie professionnelle (atelier + chambre, c’est le profil idéal que nous privilégions), payera 15m2 x 10.- + 20m2 x 10.- + 300.- chf de charges générales, soit un total de 650.- chf. S’il s’agit d’un couple, la seconde personne paiera uniquement pour les frais de base, soit 250.- chf (ou 850.- chf, au total, pour le couple).

    Le montant de contribution aux charges couvrent de nombreux frais dont voici la liste quasiment complète :

  • électricité et chauffage (frais mensuels)
  • réparation des infrastructures (chauffage, sanitaire, peinture, sécurisation…) de manière douce et modérée, selon les moyens
  • entretien des locaux communs (petites réparations, nettoyages)
  • ordinateur collectif, connexion Internet partagée (pour tous les ordinateurs persos), imprimante commune, accessoires informatiques communs
  • frais de téléphone (connexion illimitée de fixe à fixe)
  • outillage et matériel de cuisine partagé, mobiliers pour les locaux communs
  • un bon repas bio par mois préparé pour la réunion mensuelle de maison
  • une partie des frais du voyage annuel de tous les bénéficiaires pour aller dans une autre communauté afin de comparer, s’inspirer, apprendre ensemble (souvent combiné avec un cours de gestion des dynamiques communautaires)
  • des consommables de base (épicerie, thés/cafés, sirops, produits de nettoyage…), tous produits localement dans l’esprit écologique (réseaux de fournisseurs de l’Economie Sociale et Solidaire, réseau de distribution Déméter/Wanadis, bio-eco.ch, maraîchers de la région…)
  • un-e médiateur/trice pour accompagner la réalisation du bilan semestriel de satisfaction face à la dynamique communautaire
  • la gestion administrative courante (comptabilité, traitement des nouvelles candidatures, organisations de journées de premiers contacts, frais d’annonces pour les offres de nouveaux locaux…)
  • l’organisation des réunions de maisons et le suivi des dossiers
  • la prospective pour assurer la durabilité des locaux et des opportunités de relogement viables
  • le solde est inclus dans un fond de réserve pour assurer, après toutes ces années d’activités, l’installation de maisons durables en partenariat avec les pouvoirs publics (droits de superficie, propriété coopérative, logement associatif en éco-construction…).Principe de solidarité : certaines maisons prêtées ont besoin d’un gros travail de réparation et d’entretien, d’autres en ont moins besoin. Le fond d’entretien et de réparation est distribué au mieux de manière à ce que les maisons puissent toutes bénéficier d’un niveau de confort minimum permettant de bien vivre, dans la simplicité certes, mais avec les bases pour une vie digne et saine.Il fait bon vivre en écovie.La force de l’activité de la gérance Ecovie réside dans la vitalité qu’elle procure pour tous ses participants. Les déceptions existent aussi et les marathoniens y trouvent plus leur compte que les sprinteurs. Chacun vit à son rythme, les repas ne sont pas obligatoirement pris en commun, et les obligations collectives sont très modestes, voir inexistantes (pas de nettoyages communs des toilettes), mis à part la demi-journée mensuelle de réunion de maison qui inclus une heure de travail en commun (gros débarras, entretien du jardin…). De plus, un des principes de base de la gérance Ecovie est la modération dans les pratiques :
  • pas de surconsommation,
  • pas de surdose de bruit ni de fumée,
  • pas d’urgence ni de décisions prises à la légère,
  • pas d’interdictions intempestives non plus,… bref une autogestion progressive et personnalisée, encadrée par des règles définies clairement, disponibles en cas de difficultés.Un engagement volontaire

    Dans les maisons Smala, même si les repas en commun ne sont obligatoires qu’une fois par mois, il y a très souvent des repas semi improvisés qui sont très vivants. Ces repas et soirées passés ensemble, selon l’humeur, sont source d’apprentissage, de rires et d’émulation de nouveaux microprojets (idée de visites de lieux, achats en commun, organisation d’une peinture ou d’une déco…) : les coopérations se réalisent au gré des rencontres et des disponibilités. Et chacun jouit de son pré-carré pour se ressourcer, les espaces attribués sont privés, avec clé (on parle d’espaces dédiés). Il n’y a aucune obligation de suivre le rythme des autres, ni de faire des taches ménagères par rotation, sauf lors des rencontre de réunions de la communauté, une journée par mois environ (1 jour sur 30, c’est raisonnable).Notre engagement communautaire est donc volontaire, sans contraintes, laissant une place de choix à l’initiative volontaire. C’est aussi pour cela que les projets sont dynamiques, menés par un noyau de participants de longue date (8 membres bien soudés depuis plus de 5 ans, la plupart depuis 15 ans même), et que la plupart des participants utilisent ce programme comme une étape dans leur construction personnelle, sans nécessairement y participer longtemps.

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